pier emanuel petit

Mon travail : tenter de montrer ce que je vois.
Je fais de la musique avec des bruits et du verbe. Je fais de la peinture par l’obsession de la hauteur caméra.
Ma co-scénariste préférée est la providence.
« Il faut danser » comme le prescrit tonton Friedrich. Et il ajoute : « avec les mots, avec les pieds, avec les idées. » Ma droite est faîte de mille détours.
Je me suis égaré, par exemple, quelques années dans la Haute-Couture et le Cosmétique ce qui fait de moi un fin connaisseur du sadisme ordinaire.
J’ai servi jusqu’à l’hébétude la Beauté plastique, muette, autoritaire.
Je suis revenu à moi dans le marécage, dans la prétendue mocheté, dans le banal, dans le presque rien…dans la vie au cœur même du déni et du banni.
Depuis je colle aux gens de peu, aux travailleurs, aux malins, aux pauvres.
Et ainsi jaillissent les personnages auxquels je vais peut-être proposer un terrain de jeu collectif, l’idée d’un film à venir.
Le projet cinématographique intensifie ma présence au monde, aiguise mon attention, réaffirme mes scrupules.
Le cinéma est mon moyen de locomotion dans le bas monde.